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Anxiété : quels conseils à l'officine ?

L’anxiété est probablement la plus fondamentale des émotions. Les états d’anxiété varient cependant en intensité, allant de l’inquiétude légère jusqu’à la terreur et la panique. Ces troubles ont un impact important sur la vie des patients qui en sont atteints, et sont également des facteurs de risque pour plusieurs autres pathologies somatiques. Les benzodiazépines sont indiquées pour traiter les états anxieux. Une étude récente indique que certaines plantes peuvent être une option de traitement pour agir comme adjuvant ou comme alternative aux médicaments anxiolytiques existants.

16/05/2018 3:09pm

Quand l’anxiété devient pathologique

L’anxiété est une réaction naturelle et normale. Elle est liée à l’anticipation. D’une manière générale, quand quelqu’un anticipe une action, trois issues sont possibles:

• la réussite: quand quelqu’un se sent bien, il parie sur la réussite. En ce sens, l’être humain est fondamentalement optimiste; 
• l’échec: généralement, ce dernier suscite soit des sentiments de colère contre les autres, soit une colère retournée contre soi-même et la personne déprime; 
• l’incertitude: l’incertitude est ce qu’il y a de plus difficile à supporter, parce qu’elle réveille de l’anxiété et que l’anxiété a tendance à paralyser, alors que l’on sait très bien que la meilleure réponse sera d’être à un maximum de réactivité.

Toutes les stratégies sont utilisées pour réduire le degré d’incertitude, en acquérant de l’expérience, en analysant mieux la situation, en étant plus détendu dans la vie ou en optant d’emblée pour l’échec. L’anxiété pathologique est définie comme l’exagération sans motif réel des réactions émotionnelles et somatiques de peur/appréhension qui se développent d’ordinaire face à une menace. Ces réactions affectent alors la vie de l’individu et de son entourage.

Psychothérapie en cas d’anxiété

Le Conseil Supérieur de la Santé a réuni des preuves scientifiques démontrant l’efficacité de la psychothérapie. D’un abord facile, aisé, elle se focalise sur un problème: tout ce que nous faisons, tout ce que nous pensons nous l’avons appris, c’est la théorie de l’apprentissage. Cette approche se focalise sur les comportements/problèmes actuels et leurs facteurs de maintien. Face à une situation donnée, les émotions et comportements seront influencés par les pensées. La thérapie visera à modifier les comportements et les cognitions afin de réduire les émotions négatives, l’anxiété notamment. Il existe également différentes techniques pour détendre le corps et/ou l’esprit. Outre le yoga, le tai-chi et la méditation, des thérapies de relaxation plus spécifiques comme la sophrologie et le mindfulness ou la «pleine conscience» permettent une meilleure gestion de l’anxiété.

Soins pharmaceutiques 

Au comptoir, le conseil officinal vise à aider les patients présentant une angoisse ponctuelle. L’objectif est de soulager le patient des symptômes inconfortables pour lui permettre de mieux s’adapter à cette situation et de retrouver une qualité de vie. Le pharmacien doit également prendre en compte le risque de complications et limiter le risque d’un passage à la chronicité.

L’écoute et les mots employés par le professionnel sont particulièrement importants:

• rassurer: l’anxiété et les sentiments d’anxiété sont des réactions normales mais désagréables;
• expliquer: l’anxiété peut s’accompagner de réactions somatiques comme les palpitations, maux d’estomac…;
• le traitement médicamenteux de l’anxiété est limité. Il ne s’attaque pas à la cause. Le traitement non médicamenteux occupe une place bien plus importante. Les différentes psychothérapies sont en général le traitement indiqué;
• dédramatiser: le patient ne doit pas avoir honte de ses sentiments d’anxiété ou de panique. Il doit apprendre à en parler ouvertement;
• essayer surtout de ne pas éviter les situations qu’il craint, même si c’est difficile. Céder à la peur entraine une aggravation de la peur. Si le patient ne fuit pas la situation, il remarquera que l’inquiétude, les tremblements et la transpiration disparaissent petit à petit;
rappeler les mesures non médicamenteuses;
• le contrôle de la respiration par la respiration abdominale peut atténuer les palpitations, la tension musculaire…;
• l’alcool atténue l’anxiété à très court terme. La consommation d’alcool dans ce but fait entrer le patient dans la zone dangereuse de l’accoutumance et de la dépendance;
• encourager une alimentation équilibrée;
• rappeler l’importance du sommeil et de l’activité sportive régulière.

Les benzodiazépines, première indication des troubles anxieux

L’acide gamma-aminobutyrique (GABA) est un neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central et est la cible clé des pharmacothérapies dans le traitement de l’anxiété. Les benzodiazépines et substances apparentées aux benzodiazépines (zaléplone, zolpidem, zopiclone…) sont donc les molécules les plus prescrites. L’efficacité des benzodiazépines est bien établie dans certaines situations, aux doses minimales et pendant la période la plus courte possible.
Par contre, dans des situations de mal-être chronique, le risque de dépendance et de tolérance est majeur, constituant un frein à la mise en place de mécanismes d’adaptation et de gestion de l’anxiété et du stress.

La phytothérapie, nouvelle optionde traitement

Certains compléments nutritionnels ou médicaments phytothérapiques peuvent offrir de nouvelles options de traitement, comme adjuvant ou comme alternative aux médicaments anxiolytiques existants, comme le confirme une revue systématique (1). Karen Savage de l’Université de Melbourne (Australie) et ses collègues ont analysé les études existantes sur les phytomédicines anxiolytiques ayant une activité modulatrice du GABA. Leur analyse est publiée dans le British Journal of Clinical Pharmacology (BJCP). Les phytothérapies admissibles devaient être appuyées par: des données d’études in vitro précisant l’activité modulatrice du GABA; des études animales utilisant des modèles d’anxiété pour tester un effet anxiolytique; des essais cliniques chez l’humain.


Dix produits à base de plantes ont été identifiés comme ayant fait l’objet d’études précliniques montrant une interaction avec le système GABA, en plus des essais cliniques chez l’humain: le kava, la valériane, l’hydrocotyle (gotu-kola, Centella asiatica), le houblon, la camomille, le ginkgo biloba, la passiflore, le ginseng indien (Withania somnifera, Ashwagandha), la scutellaire casquée (scutellaire américaine, Scutellaria lateriflora)et la mélisse (mélisse officinale, mélisse citronnelle).

«Collectivement, la littérature révèle des données probantes précliniques et cliniques pour diverses phytomédecines modulant les circuits du GABA, avec un effet anxiolytique comparable à la gamme actuelle de produits pharmaceutiques, ainsi que de bons profils d’innocuité et de tolérabilité», concluent les chercheurs. 

V. officinalis, C. asiatica, M. recutita, G. biloba, P. incarnata et W. somnifera offrent la preuve la plus complète pour la réduction de l’anxiété à travers les voies liées au GABA. Valeriana officinalis, en particulier l’acide valérénique, principe actif de la valériane, a été identifié comme un puissant modulateur allostérique des récepteurs GABA-A.
Les flavonoïdes de la passiflore entrent en compétition avec le GABA au niveau du récepteur GABAergique. ■


Référence : 1. GABA-modulating phytomedicines for anxiety: A systematic review of preclinical and clinical evidence Karen Savage Joseph Firth Con Stough 23 November 2017.

Stinne Robeyns

Source: Pharma-Sphère