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Quand le sommeil tarde à venir…

La nuit porte conseil, dit l’adage si l’on parvient à dormir. Lorsque l’on souffre de troubles du sommeil et particulièrement d’insomnies, les nuits et les journées qui suivent peuvent virer rapidement au cauchemar.

24/04/2019 12:11pm

Les troubles du sommeil concernent environ 30% de la population belge de plus de 15 ans, avec une prédominance féminine significative de 33% vs 26% pour les hommes. La prévalence n’atteint que 24% chez les 15-24 ans, mais augmente rapidement avec l’âge, pour atteindre plus de 40% chez les femmes à partir de 75 ans.

Les définitions sont importantes. On parle par exemple d’insomnies lorsque les perturbations surviennent au moins 3 fois par semaine et ont une influence néfaste sur le fonctionnement diurne comme de la fatigue, de la somnolence, etc. Les insomnies sévères ont, quant à elles, un impact plus important, mais l’évaluation de la gravité est forcément subjective. Outre cette sévérité, il faudra déterminer aussi la durée de cette insomnie. Une insomnie aiguë est définie classiquement comme une insomnie qui perdure jusqu’à 4 semaines. Entre 4 et 12 semaines, les spécialistes parlent d’insomnie subaiguë et, au-delà, d’insomnie chronique. Dans certains cas, les Anglo saxons parlent aussi de pseudo-insomnie ou d’insomnie paradoxale, correspondant à une plainte pour troubles du sommeil, mais sans impact sur la vie quotidienne.

Questionner le patient

Auparavant, on parlait d’insomnie primaire et secondaire. Aujourd’hui, on préfère utiliser les termes d’insomnie avec ou sans comorbidités. En effet, l’insomnie est souvent associée à d’autres troubles: dépression, douleur, anxiété, etc. Il est parfois difficile de savoir laquelle est la cause et laquelle est la conséquence.

Les «bonnes» questions à poser au patient.
- Avez-vous une idée sur les raisons de vos insomnies?
- Quelles sont vos habitudes de sommeil?
- Quelle est la fréquence des réveils nocturnes et pendant combien de temps?
- Depuis combien de temps souffrez-vous d’insomnie?
- Existe-t-il une différence entre la semaine et le week-end?
- Quel est l’impact sur votre vie quotidienne?
- Ressentez-vous de la somnolence au volant?
- Avez-vous déjà eu ce type de troubles par le passé?
- Avez-vous déjà pris des traitements pour troubles du sommeil?
- Tenez-vous un agenda prenant en compte vos mauvaises nuits?
- Souffrez-vous d’autres troubles?
- Prenez-vous des stimulants, des médicaments?

Attention aux personnes âgées
Pour les personnes âgées, traiter les troubles du sommeil peut s’avérer assez complexe. Outre le fait que les plaintes pour insomnie augmentent avec l’âge, près de 83% de cette population souffre de troubles cardiovasculaires, respiratoires ou psychologiques. Or, certaines pathologies peuvent avoir un effet direct sur la quantité et la qualité du sommeil. Les douleurs liées aux pathologies articulaires comme l’arthrose ou des difficultés respiratoires sont souvent responsables de réveils nocturnes. C’est également le cas pour certaines pathologies psychiatriques comme la dépression qui a tendance à fragmenter le sommeil. Rappelons que les apnées du sommeil concernent environ un quart des personnes âgées, alors que le syndrome des jambes sans repos peut atteindre jusqu’à 45% des plus de 65 ans selon les études, induisant des micro-réveils. Notons aussi que tout réveil nocturne entraînant un lever engendre un risque supplémentaire de chutes

Et les enfants?
Il n’y a pas que les adultes qui souffrent de troubles du sommeil… On estime que 15 à 20% des enfants et des adolescents éprouvent des difficultés à s’endormir ou à maintenir leur sommeil. Ceci peut engendrer, comme chez l’adulte, de la fatigue, des troubles d’attention, de l’irritabilité, etc., qui peuvent conduire à une baisse des performances scolaires et perturber la vie de famille. La mise au point doit être réalisée par un médecin avant d’entamer tout traitement afin de déterminer la cause la plus probable.

L’interrogatoire du patient est essentiel pour tenter de l’orienter au mieux soit vers un traitement doux et léger, soit pour l’inciter à consulter son médecin traitant, qui pourra le référer vers un centre spécialisé. Il est important d’exclure un certain nombre d’affections, mais cela ne peut pas se faire sans l’aide d’un médecin. Cela concerne les troubles psychotiques, l’hyperthyroïdie, des apnées obstructives, de la narcolepsie, notamment. Par ailleurs, certains médicaments peuvent également engendrer ces troubles.

Conseiller d’abord!

Bien entendu, si le patient demande conseil, c’est avant tout une solution qu’il recherche. Celle-ci n’est pas simple à trouver. En effet, traiter la cause d’une insomnie suppose que l’on en connaisse l’existence et instaurer un traitement est compliqué à l’officine. Dès lors, et pour rester dans les limites des recommandations de bonne pratique, il est important de prodiguer des conseils de bonne hygiène du sommeil , en précisant qu’il n’y a pas de règles strictes sur le nombre d’heures de sommeil requises, ni sur le temps nécessaire à l’endormissement. Par ailleurs, il est bon de rappeler que les personnes âgées dorment sur des périodes plus courtes, mais plus étalées sur 24 heures. Elles se réveillent aussi plus fréquemment la nuit pour aller à la toilette par exemple.

Traiter doucement

La prise en charge médicamenteuse reste l’apanage du choix du médecin, mais il s’agira d’un traitement prescrit généralement pour une durée limitée. La phytothérapie et l’aromathérapie conservent leur place dans la prise en charge, offrant la possibilité d’un traitement doux. Cependant, si le patient opte pour cette solution, on lui conseillera néanmoins d’en avertir son médecin traitant. En effet, même s’il s’agit d’un traitement doux, il ne faudrait pas qu’il y ait une accumulation trop importante de substances prises pour traiter l’insomnie. Par ailleurs, en cas d’insomnie aiguë et sans amélioration dans les deux semaines d’un traitement bien suivi, quel qu’il soit, on veillera à demander au patient d’aller consulter son médecin traitant. La prise en charge non médicamenteuse doit également être adaptée aux besoins spécifiques du patient. Elle peut consister en des exercices de relaxation jusqu’à la mise en œuvre d’une thérapie comportementale. Certaines études ont montré également l’intérêt de coaching téléphonique et plusieurs applications sur smartphones peuvent faire office de coach de sommeil. Malheureusement, toutes ne sont pas évaluées de manière claire pour leur efficacité…

Quoi qu’il en soit, les insomnies et les troubles du sommeil en général peuvent provoquer des troubles graves. Ce n’est donc pas un problème que l’on peut négliger. Répondre le plus complètement possible aux attentes du patient qui en souffre n’est pas aisé, mais il est possible, dès l’officine, de lui offrir des pistes de solutions voire de lui conseiller des traitements doux ou, le cas échéant, une consultation chez son médecin traitant.

Quelques conseils de bonne hygiène du sommeil.
- Essayez d’aller dormir et de vous réveiller à heures fixes.
- Trouvez un moyen de vous détendre avant d’aller vous coucher.
- Préférez un environnement obscur, silencieux et pas trop chaud (pas de télévision, de smartphone, etc.).
- Évitez les siestes longues durant la journée et surtout de dormir après le repas du soir.
- Limitez la consommation de caféine.
- Évitez l’alcool et la nicotine, qui sont des stimulants.
- Pratiquez une activité physique régulière durant la journée.
- Évitez les activités physiques intenses avant le coucher.
- Évitez les repas copieux le soir.
- Évitez de trop boire le soir.
- N’allez au lit que pour dormir ou y avoir des rapports sexuels.

Patrick Mairesse
Source: Pharma-Sphère